Travail en liberté : Les bases pour bien débuter

Qui n’a jamais rêvé d’avoir une vraie relation de confiance avec son cheval au point de pouvoir travailler en liberté en toute sécurité ? Malheureusement beaucoup trop de cavalières font croire à un semblant de relation, quitte à mettre leur cheval en danger, juste pour avoir de belles photos… C’est dommage, non ? Alors nous allons aujourd’hui aborder les bases à mettre en place avec son cheval pour travailler en liberté en toute sécurité et avec plaisir ! Pour cela, je vais vous proposer quelques exercices simples pour mettre en place vos codes, vocaux et gestuels, dès les premières séances. Une règle de base est de toujours être clair et précis dans vos actions pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté pour votre cheval, essayez de choisir des gestes différents pour une chaque action demandée. Si vous le voulez, vous pouvez commencer par le longer pour mettre en place les codes pour ensuite progressivement retirer la longe puis le licol. Je vous conseille également de toujours élargir vos recherches : lisez d’autres blogs, lisez des livres et regardez des émissions pour élargir votre pratique et vos connaissances.

17498903_1483483118329468_2507246245959693370_n(c) Photo personnelle, avec Kelian.

Le matériel :

Le matériel que l’on peut utiliser dépend vraiment de chaque cheval. En effet, certains, plus expérimentés, pourront plus aisément retirer le licol par exemple. Le licol peut servir à expliquer quelque chose ou à le contrôler en cas de dérapage. De même, certains chevaux ont plus tendance à se blesser, d’où l’importance de les protéger avec des cloches ou des protections dans ce cas. On peut également utiliser une chambrière ou un stick pour le guider dans vos débuts. Il faut également beaucoup de patience, de clarté dans vos gestes et de récompenses (caresses, arrêt de l’exercice…). N’oubliez jamais que le travail du cheval prend beaucoup de temps pour arriver à des résultats satisfaisants, ne soyez pas déçus si cela ne fonctionne pas bien au début.

« Travaillez comme si vous aviez toute la journée et cela vous prendra cinq minutes ; travaillez comme si vous aviez cinq minutes et cela vous prendra toute la journée. »

Les bases :

Tout d’abord il y a deux bases essentielles à mettre en place avec votre cheval : les codes du langage vocal et les codes du langage corporel. Cela vous paraître un peu abstrait mais ne vous inquiétez pas, je vous explique. Mais avant tout, n’oubliez pas que le fondement du travail du cheval c’est le respect & la confiance, autant à cheval qu’à pied, mais à pied vous êtes plus susceptibles d’être en danger car le cheval est plus fort que vous. D’où l’importance de mettre en place ces codes pour permettre à votre cheval de vous obéir, c’est essentiel pour votre sécurité.

Le langage vocal :

Qu’est-ce que le langage vocal ? La réponse semble assez évidente mais il faut mieux préciser quand même. Le langage vocal c’est tout simple les ordres que vous donnez à votre cheval par des mots ou des bruits faits avec votre bouche. Dans le travail en liberté en particulier, le langage vocal est vraiment très important car, si votre cheval ne les connait pas ou les ignore, vous n’arriverez à rien à part vous mettre, vous et votre cheval, en danger. Le langage vocal est la base de tout travail à pied et du travail en liberté plus particulièrement. Voici quelques codes les plus basiques que chaque cheval doit connaître :

  • Les allures : pas, trot, galop… La plupart des chevaux connaissent déjà ces codes car nous les utilisons à cheval aussi. Si ce n’est pas le cas, vous devriez commencer à les lui apprendre quand vous êtes à cheval, de cette manière il les connaîtra pour le travail en liberté.
  • Les transitions : Pour une transition descendante, la voix doit être descendante et calme. Par exemple les interjections « OOooh » ou « WOOoo » sont les plus courantes pour ralentir l’allure et pour un changement d’allure, ajoutez l’allure « Au paaas… ». Pour une transition montante, donnez l’ordre d’un ton ferme et montant. Par exemple « Nomdevotrecheval, trooootter ! » ou encore « Nomdevotrecheval, gaaaaaalop ! ». L’intonation de votre voix est vraiment très importante car elle permet au cheval de comprendre ce que vous lui demandez, ainsi elle doit être ferme et montante pour passer à l’allure supérieure et être posée et calme pour une transition vers l’allure inférieure. Soyez ferme et clair dans votre demande et répéter plusieurs fois jusqu’à ce que votre cheval réalise l’action demandée, puis récompensez oralement ou avec une caresse. S’il obéit correctement, arrêtez immédiatement l’exercice car cela agit comme une récompense pour le cheval.
  • Réagir à l’appel de son nom : C’est un éléments pratique pour le cavalier à pied, que ce soit au pré ou dans d’autres situations de la vie courante. Cela permet de capter l’attention du cheval. La plupart des chevaux connaissent déjà leur nom. On peut en effet avoir besoin d’appeler son cheval pendant la séance de travail en liberté, notamment pour récompenser. Ainsi, pour l’habituer à son nom, il suffit d’appeler régulièrement votre cheval par son nom et récompenser au moindre signe d’attention de sa part. Ainsi il associe son nom à quelque chose de positif (nourriture, caresse) et viendra spontanément vers vous à l’appel de son nom.

Le langage corporel :

Qu’est-ce que le langage corporel ? Ce sont les gestes ou mimiques que vous utilisez pour demander une action à votre cheval, cela peut aussi correspondre au fait de créer des points de pression avec votre corps. Le langage corporel est un élément indispensable qui aide énormément les chevaux à comprendre car, dans leur troupeau, ils communiquent par la gestuelle, par exemple montrer ses fesses ou coucher les oreilles pour intimider. Ainsi, le principe est d’agir comme eux pour se faire comprendre. Il vous faudra sûrement utiliser le langage vocal au début mais petit à petit vous pourrez vous en passer car votre cheval aura mémorisé les gestes.

  • Transitions : Vous pouvez compléter votre demande orale en ajoutant un point de pression permettant à votre cheval de réaliser une action plus précisément et de l’habituer à mettre un code vocal et un geste sur une action. Par exemple, pour le ralentir, vous associerez l’ordre vocal en ajoutant une pression sur votre cheval, en vous plaçant un peu devant lui, au niveau des épaules souvent. De même, pour accélérer, vous ajoutez une pression sur votre cheval, en vous plaçant en arrière de lui, au niveau de la croupe.
  • Changements de direction : Le changement de direction peut être plus complexe et plus dangereux. Méfiez vous que votre cheval ne vous marche pas dessus et attention aussi s’il rue… En effet, car vous allez tout simplement barrer la route de votre cheval durant l’apprentissage. C’est pourquoi il vous mieux commencer dans des petites allures (pas & trot) pour éviter des accidents. Par exemple, vous devez vous placer devant votre cheval et montrez la direction où vous souhaitez qu’il aille avec vos bras. Votre cheval changera de direction en faisant un cercle vers l’intérieur ou vers l’extérieur (vers les barrières), vous pouvez ajouter un ordre vocal tel que « A droite » ou encore « Changement « . N’oubliez pas d’avancer sur votre cheval en lui barrant la route pour lui faire comprendre qu’il doit bouger. Ne vous laissez pas intimider.

Pour finir, quelques conseils :

  • Travailler bien vos transitions : Prenez le temps d’avoir de belles transitions, cela peut être long au début mais à force de répétitions cela fonctionnera. Travailler longtemps sur les transitions permet à votre cheval de s’habituer à votre voix donc n’hésitez pas à passer du temps dessus.
  • Faites de courtes séances : En liberté comme à la longe, le cheval travaille plus en cercle qu’en ligne droite donc il mobilise beaucoup plus ses muscles et son équilibre. Une séance de longe ou de liberté de 30 minutes vaut plus d’une heure montée, il faut donc ménager son cheval.
  • Récompensez beaucoup : « Demandez souvent, contentez-vous de peu et récompensez beaucoup ». Caressez votre cheval entre les deux yeux, il retiendra mieux ce qu’il a fait comme un élément positif. Vous pouvez également récompenser avec des bonbons mais seulement en fin de séance car il ne faut pas qu’il s’habitue à recevoir de la nourriture après chaque bonne action.
  • Soyez patients : Comme on dit « Rome ne s’est pas construite en un jour ». Il faudra beaucoup de temps passé avec votre cheval pour qu’il assimile et réalise les exercices demandés à la perfection. Le temps d’apprentissage dépend de chaque cheval. Il y aura sûrement de nombreux échecs avant de réussir parfaitement. N’ayez pas peur d’échouer et soyez patients.
  • Ne négligez pas le respect : Et cela va dans les deux sens ! Votre cheval ne doit pas vous prendre pour un copain cheval sinon attention au danger ! Vous devez rester pour lui son maître, son dominant et faites-le lui bien comprendre s’il commence à déraper : c’est vous le chef ! N’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel si nécessaire. Ne laissez pas la situation déraper.

J’espère que cet article vous a plu et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire, je ferai de mon mieux pour vous répondre !

 

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Travail à pied : Pour quoi, pour qui ?

Le travail à pied est de plus en plus populaire dans le monde de l’équitation. Cela peut passer par divers jeux comme ceux de Pat Parelli, des tours de cirque, du travail à la longe, des longues rênes… etc. Quoi qu’il en soit, de plus en plus de cavaliers se sont mis à cette pratique. Mais quel est l’intérêt ? Et à qui cela s’adresse-t-il ?

SONY DSCImage prise sur Internet

 

Pour commencer, cela s’adresse à tout le monde ! Cavaliers de concours, cavaliers de club ou propriétaires cherchant une relation avec leur cheval… Les cavaliers de tout âge peuvent pratiquer le travail à pied, même les jeunes enfants qui débutent. Cela peut justement leur donner confiance en eux, comme ça a été mon cas lors de ma première année d’équitation. De plus, tous les niveaux sont concernés par le travail à pied, mais les exercices seront juste un peu différents car adaptés au niveau du cavalier (par exemple un galop 5 pourra plus aisément faire du travail à la longe qu’un débutant… De même avec les longues rênes qui sont très techniques. Pour un débutant on pensera plutôt à des jeux comme ceux de Parelli).

Ensuite, à quoi cela sert-il de passer par le travail à pied ? Eh bien tout d’abord, cela permet de pouvoir observer l’animal (ce qui est difficile quand on est dessus). L’observation est très importante, quel que soit le domaine, car cela nous mène à une réflexion et à des interrogations sur nous-mêmes ou sur l’animal, celles-ci sont nécessaires pour une meilleure relation et un travail optimisé. En effet, quand on travaille avec un être vivant, il est indispensable de toujours se remettre en question et de chercher à s’améliorer de plus en plus, pour son bien-être à lui mais aussi pour le nôtre.

De plus, la première partie du débourrage d’un jeune cheval se fait toujours à pied, c’est d’ailleurs durant cette phase d’apprentissage que le poulain apprend à communiquer avec l’homme. Cette partie doit nécessairement être réalisée avec la plus grande patience car si le débourrage est mal fait, cela peut avoir des conséquences importantes pour sa vie d’adulte.

Le travail à pied représente surtout et avant tout une occasion pour les deux partenaires de lier une vraie relation, basée sur la confiance et la complicité. En effet, la communication passera par la voix, par le corps et également par le regard ! Si le travail à pied est fait régulièrement et avec beaucoup d’amour et de patience, le cheval pourra se lier d’affection pour vous et vous faire réellement confiance. La confiance sera beaucoup plus forte si vous passez par des exercices de travail à pied, comme par exemple les 7 jeux de Pat Parelli qui constituent une bonne base pour qui souhaite débuter la discipline. Cependant les exercices sont nombreux et variés, vous trouverez forcément quelque chose qui intéressera votre cheval.

Enfin, si vous deviez ne retenir qu’un seul conseil, ce serait d’être toujours patient et précis. Il faut demander les choses de façon claire et précise, toujours dans le calme et répéter souvent et régulièrement jusqu’à ce que votre cheval comprenne ce que vous attendez de lui. Selon les chevaux, cela prendra plus ou moins de temps à être assimilé. Mais la patience reste le maître mot ! Si vous pouvez trouver quelque chose qui le motive et qui lui fasse envie, il sera d’autant plus volontaire et vous prendrez tous les deux beaucoup plus de plaisir. Essayez différentes méthodes, restez calmes et patients, pensez à varier souvent les exercices, et votre cheval finira sûrement apprécier et se prendre au jeu !

 

Comment éviter les courbatures ?

Ça y est, l’été touche déjà à sa fin et l’automne est arrivé, synonyme de froid et de fatigue… Mais à cette période de l’année, même s’il faut retourner à l’école, cela signifie également rentrée équestre ! Et cela va souvent de pair avec la reprise progressive du sport, après un été tranquille à glander sur les plages… Malheureusement quand on est resté plusieurs mois sans bouger ses fesses, dès la première séance bonjour les courbatures… Alors pour éviter ceci, je vais vous donner quelques conseils afin de prévenir et de soulager les courbatures.

Tout d’abord, si vous en avez la possibilité, évitez une séance trop intensive dès la reprise. L’idéal serait d’augmenter progressivement l’intensité et la durée de la séance. C’est le mieux pour vous mais également pour votre cheval, qui lui non plus n’a pas vraiment travaillé de l’été. Je rajouterais qu’il peut être bon de pratiquer un autre sport en parallèle de l’équitation, des sports d’endurance comme la natation, la randonnée ou le running ou bien des sports de souplesse comme le fitness, la gymnastique ou la musculation peuvent être très bénéfiques pour la pratique de l’équitation.

Ensuite, si vous voulez éviter les courbatures, il y a deux étapes principales à suivre avant et après la séance. Vous le faites déjà pour votre cheval mais vous ne pensez jamais à le faire pour vous. Je parle bien sûr des échauffements avant et des étirements après.

Un bon échauffement doit commencer avant de se mettre en selle. Si vous le pouvez, brossez votre cheval, cela a, bien sûr, un côté pratique et essentiel pour votre cheval mais cela permet également à vos muscles de chauffer doucement. Pliez les genoux et faites les sabots, tendez les bras pour faire le passage de sangle… etc. Ensuite, vous pouvez faire quelques échauffements plus spécifiques : des rotations de genoux, des étirements du dos et de l’arrière des cuisses… Une fois en selle, vous pouvez continuer en faisant des rotations d’épaules, de chevilles ou encore en faisant des exercices de mise en selle comme la banane, le pédalo, ou les fourmis (secouez votre jambe comme si vous vouliez faire tomber des fourmis). N’hésitez pas à également commencer la séance au pas sans étriers pour bien vous mettre en selle !

Après la séance, on n’oublie pas de s’étirer (et ce, quelque soit le sport…). C’est indispensable pour que vos muscles ne restent pas contractés (à l’origine des courbatures). Pour cela, vous pouvez par exemple faire ces quelques exercices :

  • Debout ou assis, pieds flexibles, jambes tendues, essayez de toucher vos pieds avec vos mains en expirant. Vous étirez votre dos, l’arrière de vos cuisses et vos mollets.
  • Debout, pliez une jambe en remontant le talon jusqu’aux fesses en gardant les jambes bien alignées. Vous étirez l’avant de vos cuisses.
  • Assis, jambes écartées et tendues, pieds flexibles, pour étirer les adducteurs. Ou assis en tailleur, pieds joints.
  • Debout, jambes écartées tendues, mains tendues au dessus de la tête, on penche légèrement le buste à droite puis à gauche pour étirer les abdos latéraux.
  • Allongé à plat ventre, en appui sur les bras tendus, relever le buste en regardant vers le plafond, pour étirer le dos et les abdos.

Ce ne sont que des exercices parmi tant d’autres, la liste est bien sûr non exhaustive. Mais, si vous ne deviez retenir qu’un seul conseils de tous ceux que je vous donne, ce serait celui-ci : ne jamais oublier les étirements !

De plus, quand vous prenez votre douche, alternez eau chaude et eau froide sur vos jambes 30sec à 1min sur chaque, renouvelez l’opération si besoin. C’est très bon pour la circulation sanguine et la récupération des muscles.

Enfin, un conseil bonus évident, qu’il est toujours bon de rappeler, hydratez-vous avant et après chaque effort pour permettre à votre corps d’éliminer les toxines et à vos muscles de récupérer plus facilement ! Je rappelle que pour votre santé, il faut évidemment boire exclusivement de l’eau.

Pour finir, pour permettre la récupération de vos muscles, il faudrait encore une fois boire beaucoup. Si vous avez vraiment mal, vous pouvez également placer vos jambes légèrement surélevées (par exemple avec un coussin).

Et voilà, c’était tout pour mes conseils, j’espère que ça vous aura permis d’éviter les courbatures et de reprendre l’équitation en douceur et avec plaisir ! Bonne rentrée à tous et toutes !